CYCLE « ÉTHIQUE DE LA VIE »

Conférences mensuelles
Année 2022
Partenariat entre l’Institut européen Emmanuel Levinas

Et le Campus maçonnique

Les « Lumières » avaient inscrit quelques philosophèmes en référents éthiques et politiques concourant à l’établissement d’une modernité démocratique. « Autonomie », « Émancipation », « Raison », « Progrès ». Ils initiaient et contribuaient à l’installation des notions d’individu et de sujet, en remplacements des anciennes « créatures ». 

Dès la fin du XVIIIème siècle au début du XXème siècle, entre l’évènement de la Révolution française de 1789 et le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, l’idéal progressiste et démocratique fit du savoir et de la technique les vecteurs du progrès social et un allié de l’émancipation citoyenne et démocratique. 

À travers le siècle, il porta les pays européens et nord-américains dans une marche précaire, claudicante, mais continue, : les « libertés publiques », l’« instruction publiques », la « santé publique », la « réglementation du travail », les « droits de la guerre », l’« émancipation des nationalités » et la protection des « minorités nationales ». 

Toutefois, dès la seconde moitié du XIXème siècle, on observe, à travers l’Europe, l’apparition, l’agrégation et le maillage rapide d’un certain nombre de nouveaux mots dans une continuité sémantique mortifère. 

En interaction avec un scientisme idéologique rayonnant et avec un éventail d’idéologie politiques du ressentiment et de la haine, tout un lexique imbibé d’exclusion, d’éradication, et d’anéantissement, apparaît, se constitue et s’entrelace : « racisme », dégénérescence », « euthanasie », « eugénisme », « extermination », « antisémitisme », entre autres. 

Dans l’éclat de la supériorité de la science et de la technique qui prend la place des resssources normatives religieuses antérieures, ce nouveau lexique s’agrège à la langue commune. Il n’est pas hétéronome aux différentes oppositions antidémocratiques. La sciences est réquisitionnée contre le christianisme, le paganisme est convoqué contre le judaïsme. 

S’esquisse à travers l’Europe un autre paysage culturel, fait de « brutalisation » croissante, et d’un « motif » de langage fortement chargé de morbidité – cruauté, sadisme, perversité – et d’apathie. Il montre son premier plein panorama dans les champs pilonnés et saccagés des batailles de la Première Guerre mondiale. Une constellation obscure avait prononcé la négation des promesses des Lumières. 

Freud l’identifia en clinicien sous la figure d’un combat entre Éros et Thanatos, désignée en métaphorisation comme deux « puissances célestes ». 

Deux forces entrecroisées dans un nouage indémêlable, s’affrontant pour prendre chacune l’ascendant sur l’autre. Dont il nous avertit que l’on ne peut dire laquelle des deux l’emportera au final. 

D’un côté, une attirance morbide, une aimantation par l’obscur, une séduction du délétère. 

De l’autre, des pousses de vie bonne, de solidarité empathique, de créativité maturante, d’inventivité élevant l’esprit. 

Écho revisité par la raison savante, de l’injonction deutéronomique du chapitre 30 : 

« Vois je te propose en ce jour, d’un côté la vie avec le bien, de l’autre, la mort avec le mal devant toi » (30-15). « J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité, choisis la vie » (30-19). 

L’Institut européen Emmanuel Levinas de l’AIU et le Campus maçonnique s’associent dans un travail de veille et de construction - en jonction et conjonction des enseignements d’un Humanisme lucide et de ceux du Monothéisme éthique – pour explorer et promouvoir, à l’occasion d’un cycle d’études commun, les conditions d’une bonne Éthique de vie.

Gérard Rabinovitch, Jean Michel Dardour

Linéaments : 

  1. La « vie bonne » Alain-Noël Dubart, Ancien Grand Maitre GLDF (18 janvier) 

  1. « La vie et la mort sont au pouvoir de la langue » Gérard Rabinovitch, Philosophe, Directeur Institut E. E. Lévinas AIU (8 février ) 

  1. « Un homme ça s’empêche » Albert CamusJean Dumonteil, Président de la Loge Nationale de recherche de l’Alliance Maçonnique 8 mars )

L’éthique de vie en pensée 

  1. La "réflexion sur les mœurs" et la nature humaine. De Montaigne aux moralistes du Grand siècle Sébastien Allali, philosophe (12 avril ) 

  1. Le serment d’Hippocrate et la Médecine de Maïmonide Christian Hoffmann, psychanalyste et Philippe Abastado, cardiologue 

  1. Le « Pikkouah Nefesh » D’abord la vie… Rivon Krygier, rabbin

L’éthique de vie en action 

  1. Les Justes des Nations Jacques Sémelin, historien 

  1. Les Francs-Maçons qui ont fait la République (Léon Bourgeois, Adolphe Crémieux, Victor Schoelcher, Pierre Brossolette, Jean Zay) Laurent Kupferman, essayiste 

  1. Droits et Devoirs de l’Humanité : Christian Huglo, avocat

Conclusions et perspectives 

  1. De la responsabilité en politique Alain Bauer, Ancien Grand Maître GODF 

  1. Pas de vie sans Loi, l’enseignement de la « sortie d’Egypte » Armand Abécassis, philosophe 

  1. Une Ethique du XXIè siècle ?  Jean-Michel Dardour, Gérard Rabinovitch

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