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| Une synthèse des principes du judaïsme et des idéaux de 1789 |
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L'historien Michaël Graetz commente justement : Les fondateurs préconisèrent dans leur manifeste de 1860 une synthèse des idées de 1789, d'égalité, de justice et des droits de l'homme, et des principes du judaïsme, de sa conception d'un Dieu unique et de sa foi en une rédemption universelle au temps du Messie. Il est bon de rappeler les noms de ces six fondateurs, jeunes (la moyenne d'âge est de trente-trois ans) et enthousiastes : - Charles Netter, fils d'une longue lignée de rabbins, lui-même homme d'affaires fortuné, depuis toujours attentif au sort des communautés d'Europe ; - Narcisse Leven, avocat, collaborateur d'Adolphe Crémieux, déjà actif dans diverses œuvres de bienfaisance ; - Isidore Cahen, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, professeur de philosophie, partisan affirmé de la liberté de l'enseignement et du principe de la séparation des Eglises et de l'Etat ; - Eugène Manuel, lui aussi normalien, poète et homme de lettres ; - Aristide Astruc, rabbin d'origine portugaise (sa famille s'est installée à Bayonne sous Louis XIII), adversaire déclaré des excès de l'assimilationnisme ; - Jules Carvallo, enfin, le doyen, âgé de quarante-et-un ans, ingénieur des Ponts et Chaussées, pionnier des chemins de fer, président-fondateur d'un journal, L'Opinion Nationale, de tendance plutôt favorable à l'Empire. Il y a, bien sûr, un grand absent : Adolphe Crémieux. Profondément déstabilisé par la récente conversion de ses enfants au catholicisme - à l'initiative de son épouse -, l'avocat nîmois, véritable instigateur de la fondation de l'AIU, n'a pas voulu apparaître au premier plan de ceux qui lançaient le projet. Mais trois ans plus tard, en 1863, il allait être porté à la présidence de l'institution.
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