Résumé des manifestations

La fin du judaïsme en terre d'Islam

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La fin du judaïsme en terre d'Islam

Compte rendu de Victor Attas.

1. Contexte

A l'occasion de la parution de l'ouvrage « La fin du Judaïsme en terre d'Islam » sous la direction de Schmuel Trigano, les auteurs de l'ouvrage, présents à Paris, ont présenté leurs contributions respectives et en ont débattu avec une nombreuse assistance réunie dans la Bibliothèque du Collège des études juives de l'Alliance Israélite Universelle, le 31/03/09.

2. Conférences

Schmuel Trigano introduit le sujet en en tirant un enseignement général : il souligne que le problème n'est pas dû à la création de l'Etat d'Israël mais à la « non-place » des Juifs en terre d'Islam. Le pouvoir colonial a libéré les Juifs de la « dhimmitude » et les a menés au progrès social. Il fait un parallèle entre l'antisémitisme du nationalisme musulman et le statut « européen » des Juifs. Ceci permet de tordre le cou au mythe de la compensation de la Palestine « donnée » aux Juifs en dédommagement de la Shoah.

Schunuel Trigano présente les conférenciers qui traiteront des domaines et pays dont ils sont spécialistes:
Ruth Toledano-Attias a présenté une thèse sur l'Egypte et le Yémen. Pour résumer, en Egypte, tout ce qui n'est pas musulman est étranger, ce qui explique le pourquoi du statut d'apatride de la moitié de la population juive de ce pays. Les internements, séquestres et confiscations joints à un certain nombre d'expulsions vident pratiquement l'Egypte de ses Juifs de 1948 à 1957.

 

Le Yémen se caractérise par une incitation à la conversion à l'Islam dans les années 20. à une tentative de retenir les Juifs, suivie en 1949 d'une acceptation de leur départ vers Israël, entraînant la grande majorité de ceux-ci à émigrer après vingt siècles de présenceSoiree-Livre1.

Jacques Taïeb nous parle de la Tunisie et de la Libye. L'indépendance est acquise par la Tunisie en 1956. L'émigration des Juifs vers Israël ou la France était effective depuis 1949. par idéologie sioniste ou par crainte pour l'avenir (événements sanglants de 1952).

Le pouvoir tunisien est favorable aux Juifs jusqu'en 1959. Suivent une série de coups d'épingles, de vexations et contraintes économiques qui incitent les Juifs à l'émigration. Après les émeutes anti-juives de juin 67, il ne restera que moins de 5 % de l'effectif de la population juive, bien qu'il n'y ait eu aucune expulsion.

 

Le cas de la Libye est très différent. De 1943 à 1948, une série d'émeutes très violentes font à chaque fois plusieurs dizaines de morts juifs. La situation s'aggrave encore en 1952. après l'indépendance de la Libye. Bien que 90% de la population juive soit déjà partie, ceux qui « s'accrochent » encore sont relégués au statut officiel de citoyens de

deuxième zone, non reconnus et aux droits restreints. Aujourd'hui, il n'y a plus de Juifs en Libye.

 

Yigal Bin Nun décrit la situation des Juifs au Maroc. Celle-ci est complexe. Il s'agit de la plus importante communauté juive en terre d'Islam. Vers la fin des années 50, il existait un courant juif « assimilationiste ». Les Juifs entretenaient de meilleurs rapports avec les Musulmans qu'avec les Chrétiens. Bien que de 1956 à 1970, les politiques marocains (pouvoir et opposition) admirent le « miracle » d'Israël, le Maroc adhère à la ligue arabe en 1958. Et alors, ça se gâte. Les relations officieuses avec Israël se réchauffent ou se refroidissent au gré des événements du Moyen-Orient. L'immigration clandestine s'intensifie. Bilan : aujourd'hui, plus de 95 % des Juifs marocains ont quitté le Maroc.

Le 24/04/09

 

« extrait de Nahar Misraim , juillet 2009, n°39 »

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